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Changement climatique : l’accord de Paris a cinq ans

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C’est un petit marteau, mais je pense qu’il peut faire de grandes choses.” Cette phrase est restée célèbre et le coup de marteau encore davantage.

Le 12 décembre 2015, Laurent Fabius scellait d’un coup de marteau historique un pacte ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre conclu par 195 pays réunis pour la COP21, au milieu d’une salve d’applaudissements, d’accolades, d’embrassades, de signes de V…

L’accord ainsi conclu a pour objectif de limiter le réchauffement climatique nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre l’action menée » pour limiter la hausse à 1,5 °C. L’accord de Paris prévoit d’accroître tous les cinq ans les engagements de réduction des émissions, ainsi qu’une aide financière aux pays du Sud, principales victimes des aléas climatiques.

Cet accord, comme tout accord, a ses forces et ses faiblesses. Mais ce fut un triomphe du multilatéralisme et un cadre pour notre survie collective“, note Tina Stege, la représentante pour le climat des îles Marshall.

Cinq ans après, quel bilan?

Pour le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, c’est très simple : «Les politiques climatiques ne sont toujours pas à la hauteur de l’enjeu». L’ONU estime qu’il faudrait réduire les émissions mondiales de 7,6 % par an entre 2020 et 2030 pour respecter l’objectif de + 1,5 °C. Or les prévisions actuelles tablent plutôt sur une hausse de 2 % annuelles sur cette période. Autrement dit, le monde file bien plus sûrement vers une hausse de 3 °C…

Ce constat sera largement débattu lors de la COP26 qui va se tenir à Glasgow à l’automne 2021. En attendant, un sommet virtuel est organisé ce samedi par l’ONU, le Royaume-Uni et la France, dans l’espoir de donner un nouveau souffle à l’ambition climatique.

Ce sommet est aussi l’occasion de recenser les bonnes nouvelles, car il y en a. En septembre dernier, la Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, a créé la surprise en s’engageant sur la voie de la neutralité carbone d’ici à 2060. Le mois suivant, le Japon et la Corée du Sud ont suivi, fixant cet objectif pour 2050.

Ce samedi, une trentaine de pays devraient faire des annonces autour de cet objectif, rapporte l’Elysée. Hier, vendredi, les Vingt-Sept sont parvenus à se mettre d’accord sur la baisse des émissions d’au moins 55 % d’ici à 2030 par rapport au niveau de 1990, contre 40 % actuellement.

En plus, l’élection de Joe Biden à la présidence des États-Unis signe le prochain retour du deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre (GES) dans l’accord de Paris.

Pour Sébastien Treyer, Directeur général de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), il ne faut pas sous-estimer ces signaux: «L’accord de Paris a instauré une conversation globale complètement différente (…) On est passé de discussions sur des d’ambitions marginales en termes de réduction des GES à une course à la neutralité carbone».

Les pays doivent s’engager plus activement dans la lutte, alerte l’ONU. Dans le cadre de l’article 4 de l’accord, chaque partie est censée communiquer ses objectifs de réduction des émissions, ce qu’on appelle les Contributions déterminées au niveau national (CDN), qu’elle doit mettre à jour – et si possible rehausser – tous les cinq ans. Rien ne les y oblige légalement, mais ces points d’étape sont importants car la course à la neutralité carbone ne veut pas dire grand-chose si chacun n’indique pas concrètement comment il compte faire à court terme pour y parvenir. Théoriquement, les pays ont jusqu’au 31 décembre 2020 pour envoyer leur CDN révisées à l’ONU… qui, jusqu’à présent, n’en a reçu qu’une vingtaine. Des annonces pourraient encore être faites ce samedi. D’autres ont été retardées à cause de la Covid et sont attendues au premier trimestre 2021.

Léon Mukoko