dim. Fév 28th, 2021

Eco-vertes.info

Site d'information et de communication sur l'environnement et le développement durable

Réchauffement climatique : les tourbières du Congo, un patrimoine mondial à protéger

4 min read

Avec le démarrage de l’année 2021, on est déjà en plein sur la dernière ligne droite pour le cap des Objectifs de développement durable (ODD). Point n’est besoin de rappeler que la protection de l’environnement est inscrite parmi les défis à relever (Objectifs 13 et 15). Pendant ce temps, du 1ᵉʳ au 12 novembre 2021, dirigeants du monde et organisations de la société civile devraient se retrouver à Glasgow, au sommet sur l’état de la planète, dans le cadre de la Conférence des parties (COP 26).

Forte de la diversité et de la richesse de son arsenal écologique, la RDC devrait bien faire entendre sa voix au sein de ce forum où se traite une fois encore l’avenir de la planète dans ce contexte du changement climatique.

Entre autres acquis, la RDC devrait faire prévaloir ses tourbières qui, dans le cadre du bassin du Congo, piègent des milliards de tonnes de carbone. Il n’y a pas à rougir en le disant, la RDC abrite une des plus vastes zones de forêts marécageuses au monde.

“La cuvette du Bassin du Congo abrite la plus grande tourbière tropicale du monde, couvrant une superficie de près de 145.000Km2 avec un stock de carbone estimé à 30 gigatonnes, soit l’équivalent de deux ans d’émissions mondiales de gaz à effet de serre. Les 2/3 de ces tourbières, environ de 101.500 Km2, se trouvent en RDC”, indiquait si bien le Ministre de l’environnement, Claude Nyamugabo, lors de la dernière table ronde sur les réalisations et les perspectives de la thématique tourbière.

Au sujet de la RDC, les spécialistes de l’environnement sont bien d’accord. La disparition des tourbières accentuerait les dérèglements climatiques en relâchant dans l’atmosphère dix mille ans de l’histoire de la planète. Une responsabilité immense !

Les scientifiques alertent…

En 2014, des chercheurs de l’Université britannique de Leeds ont mené une prospection au cœur de la cuvette centrale, dans la zone marécageuse coincée entre l’Oubangui et la Likouala. Sur 30 km, au cœur du marais, les chercheurs ont extrait plus d’une centaine d’échantillons de tourbe.

Nous savons que la tourbe est présente sur environ 40% de toute l’étendue des terres humides de la Cuvette centrale“, déclaraient-ils au terme de l’expédition.

Après analyse de la teneur en carbone des échantillons extraits, les chercheurs sont rassurants : “Nous estimons qu’en termes de carbone, la tourbe de la Cuvette centrale en renferme 30,6 milliards de tonnes”. Soit autant que toute la forêt du bassin du Congo.

Attention à l’activité humaine…

Les tourbières sont de plus en plus menacées par l’abaissement de la nappe phréatique. Le drainage de ces nappes est causé par différents activités parmi lesquelles on compte l’agriculture, les plantations, l’exploitation forestière, le pâturage et l’extraction de la tourbe pour l’utiliser comme combustible, dit la FAO.

La plus grande menace provient de l’activité de l’homme. L’intervention humaine dans cette zone peut rompre un équilibre biologique vieux de milliers d’années. A ce sujet, le premier facteur de déstabilisation semble être la déforestation qui ne connaître aucune limite sur le continent.

Une note encourageante cependant, le gouvernement de la RDC se dit déterminé à protéger toutes les tourbières disseminées à travers le pays en tenant compte des avantages et bénéfices des communautés locales et peuples autochtones. Foi du Ministre de l’environnement.

Au fait, c’est quoi une tourbière ?

Une tourbière est une zone de terre avec une accumulation en surface de couches de matière organique en état de décomposition (appelée tourbe). La tourbe se développe dans des conditions hydromorphes.

Les tourbières constituent ainsi une immense réserve de carbone terrestre. Elles mettent des milliers d’années à se transformer en un puits de carbone. Les dommages causés à ces écosystèmes fragiles sont une source majeure de gaz à effet de serre. Selon les dernières estimations mondiales, le drainage des tourbières et les incendies représentent au moins 5 pour cent des émissions mondiales de gaz à effet de serre, contribuant ainsi au changement climatique.

La réhumidification et la gestion responsable des tourbières peuvent aider à maintenir les services écosystémiques des tourbières, à améliorer les moyens de subsistance locaux, à restaurer la qualité de l’eau et à contribuer à l’atténuation et à l’adaptation aux changements climatiques ainsi qu’à la réduction des risques de catastrophe.

En attendant, notons que les tourbières du Congo sont cruciales pour ralentir le réchauffement climatique. A chacun de nous de les valoriser. En tout cas, eco-vertes.info fait sa part…

Léon Mukoko