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Près de 2 millions de bébés sont mort-nés chaque année, selon l’ONU

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Près de 2 millions de bébés sont mort-nés chaque année – soit un toutes les 16 secondes, selon les premières estimations conjointes de la mortinatalité jamais publiées par l’UNICEF, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Groupe de la Banque mondiale et la Division de la population du Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies.

Perdre un enfant à la naissance ou pendant la grossesse est une tragédie dévastatrice pour une famille, qui est souvent endurée discrètement, mais qui sévit trop fréquemment dans le monde entier”, a déclaré la Directrice exécutive de l’UNICEF, Henrietta Fore.

Selon le nouveau rapport intitulé « Une tragédie négligée : le fardeau mondial de la mortinatalité », la grande majorité des mortinaissances, soit 84%, se produisent dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire inférieur.

Accueillir un bébé dans le monde devrait être un moment de grande joie, mais chaque jour des milliers de parents éprouvent une tristesse insupportable parce que leurs bébés sont morts-nés”, a déclaré le Directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Au-delà de la souffrance et de la perte de vies humaines, les coûts psychologiques et financiers pour les femmes, les familles et les sociétés sont graves et durables.

Or la majorité des mortinaissances auraient pu être évitées grâce à un suivi de qualité, des soins prénataux appropriés et une aide à l’accouchement qualifiée, affirme l’ONU.

©UNICEF/UNI59991/Nesbitt
De retour de la naissance de son bébé mort-né, une femme déballe les vêtements et couvertures prévus pour bébé dans sa maison à Lusaka.

La plupart des mortinaissances sont liées à la qualité des soins

Le rapport avertit que la plupart des mortinaissances sont dues à la mauvaise qualité des soins pendant la grossesse et l’accouchement. Le manque d’investissements dans les services prénatals et intra-partum et dans le renforcement du personnel infirmier et des sages-femmes sont les principaux défis à relever, selon le rapport.

Plus de 40% des mortinaissances ont lieu pendant l’accouchement, une perte qui pourrait être évitée si l’on disposait d’un personnel de santé qualifié lors de l’accouchement et de soins obstétriques d’urgence en temps utile.

« La tragédie de la mortinatalité montre combien il est vital de renforcer et de maintenir les services de santé essentiels, et combien il est essentiel d’accroître les investissements dans les infirmières et les sages-femmes », affirme le Dr Tedros.

Même avant que la pandémie ne provoque de graves perturbations dans les services de santé, peu de femmes dans les pays à faible et moyen revenu recevaient des soins de qualité en temps utile pour prévenir les mortinaissances.

La moitié des 117 pays analysés dans le rapport ont une couverture qui va de moins de 2% à 50% seulement pour huit interventions importantes en matière de santé maternelle, telles que la césarienne, la prévention du paludisme, la gestion de l’hypertension pendant la grossesse et la détection et le traitement de la syphilis.

Que ce soit dans les pays à faibles ou à hauts revenus, les taux de mortinatalité sont plus élevés dans les zones rurales que dans les zones urbaines.

« Les femmes enceintes ont besoin d’un accès continu à des soins de qualité, tout au long de leur grossesse et pendant l’accouchement. Aidons les pays à renforcer leurs systèmes de santé afin de prévenir les mortinaissances et de garantir que chaque femme enceinte puisse avoir accès à des services de santé de qualité », a lancé le responsable de la Banque mondiale.

Notons que le rapport définit une mortinaissance comme étant un bébé né sans signe de vie à 28 semaines de grossesse ou plus.

Léon Mukoko