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Les peuples autochtones dans la tourmente : 46 pygmées massacrés en Ituri

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Les maîtres de la forêt équatoriale sont dans la tourmente. La Dynamique des groupes des peuples autochtones (DGPA) fait état d’un massacre au cours duquel 46 autochtones pygmées ont été tués et 2 autres blessés à la machette.

Les faits se sont déroulés le 14 janvier dernier, autour de 9 heures, dans le territoire d’Irumu, province de l’Ituri. Sur les 46 corps des victimes, on n’a pu récupérer que 36, les autres étaient dans un état de décomposition très avancé, ont indiqué les autorités provinciales qui ont du reste attribué ledit massacre aux combattants des Forces démocratiques alliés (ADF).

Particulièrement remontée par l’ampleur du massacre, la Dynamique des groupes des peuples autochtones (DGPA) a vite franchi le pas en parlant “d’épuration ethnique”. Elle a demandé un deuil national de trois jours. Entre temps, les autorités provinciales ont dépêché une mission mixte dans le village d’Abembi, une zone difficile d’accès.

Un peuple protégé par une loi spécifique…

Aujourd’hui, il y aurait plus d’un million de Pygmées en République démocratique du Congo. Depuis novembre 2020, l’Assemblée nationale de la RDC a adopté la loi portant protection des peuples autochtones, accordant aux pygmées la possibilité de bénéficier d’une discrimination positive.

En plus de la gratuité de l’enseignement primaire, déjà instituée pour tous les enfants, les Pygmées, eux, pourraient étudier jusqu’au secondaire gratuitement. Une belle avancée, car la majorité des congolais de cette souche n’a pas fréquenté l’école à cause des préjugés.

Les enfants pygmées ne pouvaient pas étudier dans les mêmes écoles que les autres. Les femmes Pygmées ne pouvaient pas non plus accoucher dans les mêmes maternités que les autres. Les Pygmées ne pouvaient même pas saisir la justice car ils étaient considérés comme des sous-hommes. Mais aujourd’hui avec l’innovation de l’accès gratuit à la Justice, on reconnaît même la commission d’office pour les autochtones Pygmées. Ils doivent être accompagnés par les avocats qui seront payés par l’État congolais afin de les stimuler à participer à la vie nationale comme tous les autres Congolais”, expliquait alors le député Ruphin Rachidi, auteur de la proposition de loi.

C’est effectivement un bon pas franchi. A présent, l’élément le plus essentiel, c’est la matérialisation de la loi dans le vécu au quotidien des peuples autochtones Pygmées, dans la protection de leurs sites sacrés et leurs habitats actuellement qui est la grande forêt équatoriale. A suivre…

Léon Mukoko