ven. Mai 7th, 2021

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Les pays d’Afrique centrale et de l’Est continuent de perdre des milliards de dollars indique un rapport

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En Afrique centrale et de l’Est s’est développé ces dernières années un vaste réseau de trafic d’or dans les zones de conflits et à haut risque. Entre groupes armés, commerçants ou encore politiciens, ils sont nombreux à entretenir la contrebande qui fait perdre des milliards de dollars chaque année aux pays de la région.

Dans un rapport intitulé «Trafic de l’or des zones de conflit» et datant du 22 février dernier, l’ONG The Sentry indique que l’or de contrebande rapporte chaque année au moins 4 milliards de dollars aux groupes armés et aux réseaux criminels des zones de conflit d’Afrique Centrale et de l’Est.

« L’or provenant des zones de conflit est principalement acheminé en contrebande vers des pays voisins comme l’Ouganda, le Rwanda, le Cameroun, le Kenya, le Tchad et le Burundi, avant d’être exporté vers Dubaï et transporté vers les marchés internationaux », peut-on lire dans ce document.

« Les entreprises d’électronique, de bijoux et d’automobile doivent examiner de près leurs chaines d’approvisionnement en or, notamment les raffineries situées dans des pays voisins des zones de conflit. Ces Etats, comprenant l’Ouganda, le Rwanda et le Cameroun exportent des quantités considérables d’or en contrebande et présentent des risques majeurs pour les entreprises », déclare Sasha Lezhney, auteur du rapport et directeur adjoint des politiques chez The Sentry.

Il faut arrêter l’hémorragie…

Dans ce rapport, The Sentry dénonce le phénomène et préconise comme moyen d’éradication une collaboration de tous les acteurs de la chaine de valeur de l’or.

Les chercheurs de l’ONG The Sentry expliquent que les affineurs et commerçants continuent de vendre de l’or extrait des zones de conflit parce qu’il n’existe pas ou peu de conséquences financières ou légales. Cela met en évidence la nécessité d’un durcissement des sanctions des grandes organisations que sont l’UE ou encore l’ONU.

Dans le même ordre d’idée, les entreprises de bijoux et d’électronique, consommatrices du métal précieux, ont un rôle à jouer en cela qu’elles peuvent arrêter de s’approvisionner auprès de commerçants ou raffineurs qui achètent leurs minerais dans des régions de conflits. Cela forcera tous les commerçants à s’assurer que le produit qu’ils vendent, respecte les normes responsables et la traçabilité.

D’un autre côté, il est important de noter que les politiques régissant le commerce de l’or sont faibles et mal appliquées dans les centres aurifères mondiaux, notamment à Dubaï ou en Inde, ce qui ne fait qu’encourager le phénomène. Ce n’est pas anodin que Dubaï soit souvent cité quand il est question de parler de trafic d’or. Le système de contrôle de ce grand centre souffrirait en effet de failles réglementaires qui faciliteraient le fléau.

Il est à noter que le gros du travail revient sans aucun doute aux Etats africains concernés et évoqués dans le rapport.

Un trafic difficile à contrôler…

Dans le détail, le rapport explique, que contrairement aux autres métaux et minerais provenant de zones de conflit, l’or a été plus difficile à contrôler. Si de grandes avancées ont été faites ces dernières années pour un commerce licite de l’étain, du tantale ou du tungstène, les réseaux corrompus, commerçants criminels, unités armées ou encore des politiciens malveillants, continueraient de se servir de l’or comme moyen de survie. Ils exploitent des centaines de milliers d’hommes et de femmes qui opèrent sur des mines artisanales et à petite échelle en Afrique centrale et de l’Est.

Léon Mukoko