lun. Août 3rd, 2020

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L’emploi des gaz lacrymogènes est toxique pour la santé…

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Les manifestations publiques (pacifiques ou radicales) sont souvent dispersées à coups de gaz lacrymogène. Si ce type de répression a l’avantage immédiat de ne pas blesser directement, les gaz émis sont potentiellement très dangereux pour la santé. Un sujet brûlant lorsque l’on constate que les forces de l’ordre n’hésitent pas à « gazer » les populations, y compris les plus fragiles, sans aucun ménagement, ni discernement.

Le gaz lacrymogène est un composé chimique qui provoque une incapacité temporaire par irritation des yeux et/ou du système respiratoire. Il s’agit principalement du propane dinitrile [(2-chlorophényl) méthylène] ou CS. Il est utilisé par les forces de l’ordre car considéré comme faiblement toxique et non létal. Il est qualifié d’agent lacrymogène parce qu’il provoque une irritation ou un écoulement lacrymal (larmes).

Les scientifiques rapportent que, à forte dose, l’effet le plus fréquent reste les brûlures pouvant aller jusqu’au second degré. L’irritation oculaire peut parfois se compliquer de lésions de la cornée ou d’hémorragies du vitré nécrose des tissus dans les voies respiratoires, nécrose des tissus dans l’appareil digestif  et dans les œdèmes pulmonaires.

Pourtant, les Nations Unies classent le gaz lacrymogène comme une arme chimique, « autorisée par la Convention sur les armes chimiques à des fins de maintien de l’ordre sur le plan intérieur » mais « interdit[e] en tant que moyen de guerre » par la même Convention.

Le gaz lacrymogène est utilisé soit en aérosol (un spray) pour l’auto-défense, soit en grenades. Les forces de l’ordre chargées d’encadrer et de contenir les manifestations ont de nombreux moyens de répression et abusent volontiers des gaz lacrymogène pour disperser ou faire reculer la foule.

Malheureusement, l’actualité récente soulève de nouveau la question de l’usage abusif de ces gaz sur les personnes. En général, de nombreuses manifestations sont réprimées violemment, avec un usage tout à fait disproportionné de gaz lacrymogène, ceci avec une absence totale de discernement des forces policières envers les plus fragiles.

Pour la petite histoire, le premier gaz lacrymogène employé pour reprimer les manifestations fut l’étherbromacétique ou bromacétate d’éthyle connu depuis 1850 pour ses propriétés irritantes. Il fut testé à partir de mars 1913 par la préfecture de police de Paris puis utilisé par celle-ci à partir de pour neutraliser des forcenés et des individus barricadés.

Fidelia Kithumbu