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Déjà, la viande artificielle fait recette à Singapour

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C’est l’avènement de la viande artificielle. Des morceaux de viande de poulet fabriquée en laboratoire par la start-up californienne Eat Just pourront bientôt être vendus dans les restaurants de Singapour. L’autorisation lui a été délivrée, mercredi 2 décembre, par les autorités sanitaires du pays, qui les ont jugés “sans danger pour la consommation”.

Le produit « a été déclaré propre à la consommation dans les quantités prévues et a été autorisé à la vente à Singapour comme ingrédient des nuggets Eat Just », a ajouté l’agence. Néanmoins, ce produit conçu à partir de cellules animales restera pendant au moins vingt ans sous la surveillance de l’autorité sanitaire.

“Les personnes qui goûteront cette viande risquent de ne pas se rendre compte qu’ils ont mangé de la viande artificielle, tellement elle ressemble à de la vraie viande de poulet. Elle a aussi un apport en protéines similaire à de la vraie viande, ce qui fait qu’elle a de bonnes qualités nutritionnelles et lui permet de se démarquer favorablement par rapport aux steaks végétaux, qui contiennent peu de protéines”, a relevé Josh Tetrick, cofondateur et PDG de Eat Just.

C’est « une première mondiale », a affirmé Eat Just dans son communiqué du 2 décembre. Eat Just, qui travaille depuis plusieurs années sur le développement de ce produit, a indiqué avoir fabriqué plus de 20 lots de viande de poulet artificielle dans des bioréacteurs de 1 200 litres avant de soumettre sa production à des tests de qualité et de sécurité.

Réduire la consommation de viande…

La consommation de viande devrait augmenter de 70 % d’ici 2050. Or les scientifiques avertissent que cette tendance est l’un des principaux moteurs du changement climatique. “Je suis persuadé que l’autorisation du régulateur pour notre viande cultivée sera la première d’une série à Singapour et dans d’autres pays dans le monde », a relevé Josh Tetrick, cofondateur et PDG de Eat Just.

Singapour, dont les terres agricoles sont rares, est contraint d’importer plus de 90 % de ses denrées alimentaires pour ses six millions d’habitants. Le pays est très sensible à la volatilité du marché alimentaire mondial, aux interdictions d’exportation et aux perturbations des voies de transport. Or, la pandémie de Covid-19, qui a entraîné la mise à l’arrêt de l’économie, a mis une nouvelle fois en lumière la question de la sécurité alimentaire de la cité-Etat.

Il faut ajouter qu’il s’agit plutôt d’une bonne nouvelle pour l’atmosphère quand on sait que 25 à 33 % des émissions de gaz à effet de serre sont attribuables à l’élevage. La viande artificielle pourrait répondre à une partie de la demande. De plus, la consommation de viande est l’un des moteurs du changement climatique. De la viande produite en laboratoire pourrait, toujours selon Josh Tetrick, contribuer à lutter contre la hausse des températures.

Léon Mukoko