dim. Sep 19th, 2021

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La sécheresse sera la “prochaine pandémie”, alerte l’ONU

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L’ouest des États-Unis, Madagascar, le Brésil… Plusieurs régions du globe sont actuellement touchées par la sécheresse, rendant de plus en plus complexe l’approvisionnement en eau, en électricité et en nourriture. Un nouveau rapport de l’ONU estime même que la sécheresse va devenir la “prochaine pandémie” et appelle les États à prendre les mesures à la hauteur de l’urgence.

C’est un véritable fléau qui profile à l’horizon, alerte l’Organisation des Nations Unies (ONU), dans un rapport publié en marge de la journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse. Mort du bétail, mauvaises récoltes, faim ou conflits, la sécheresse affecte de manière disproportionnée les pauvres et les marginalisés à travers le monde. A ce niveau, le coût de la sécheresse se mesure en termes de vies, de moyens de subsistance et d’appauvrissement, affirment les auteurs.

La situation est alarmante, signale l’ONU, qui indique que Madagascar est le premier pays confronté à une famine liée au réchauffement climatique. Parallèlement, le Brésil vient d’émettre sa première alerte sécheresse depuis un siècle. Le manque de pluie menace l’approvisionnement en électricité du pays qui est très dépendant de ses centrales hydroélectriques. Cette situation menace l’industrie agricole qui représente un tiers du PIB du pays. Depuis plusieurs semaines, la quasi-totalité de l’ouest des Etats-Unis subit une sécheresse historique aggravée par une canicule sans précédent. À certains endroits, les températures ont même avoisiné les 50° en raison d’un dôme de chaleur. Les réservoirs d’eau sont au plus bas, les lacs et les rivières se découvrent poussant plusieurs comtés a déclarer l’état d’urgence.

Risques de famines et conflits…

Et ceci n’est qu’un aperçu d’un phénomène qui va s’aggraver dans les prochaines années. “La sécheresse est sur le point de devenir la prochaine pandémie et il n’y a pas de vaccin pour la guérir“, a alerté Mami Mizutori, la représentante spéciale de l’ONU pour la réduction des risques de catastrophe.

Ce phénomène est une réalité que subissent déjà plusieurs populations à travers le monde. À Madagascar par exemple plus d’un million de personnes se trouvent dans une situation d’insécurité alimentaire aiguë liée à la pire sécheresse que le pays ait connue depuis 40 ans. Or la sécheresse peut aussi provoquer des révoltes populaires. Les experts l’ont constaté en 2019, à Chennai, sixième ville de l’Inde. Les réservoirs quasi vides ont créé des émeutes. Et de fait, selon l’ONU, d’ici 2050, cinq milliards de personnes pourraient être touchées par une pénurie d’eau.

En définitive, c’est surtout la lutte contre le changement climatique qui permettra de mieux gérer les épisodes de la sécheresse. Selon les recherches de l’ONU, le changement climatique accroît le stress hydrique et a un effet sur la multiplication, l’intensité et la durée des épisodes de sécheresse. Le rapport appelle à une action “audacieuse et systémique car les structures et politiques actuelles de gestion de la sécheresse sont loin de répondre aux besoins”.

Léon Mukoko