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La destruction de la forêt tropicale en hausse de 12 % en 2020, selon Global Forest Watch

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La perte de forêts essentielles à la protection de la faune et au ralentissement du changement climatique s’est accélérée en 2020, révèle le rapport annuel du Global Forest Watch publié ce mercredi.

Au cours de cette année, la forêt vierge tropicale a perdu 4,2 millions d’hectares de forêts primaires, soit une surface équivalente à la taille des Pays-Bas.

Cela a entraîné la libération de 2,64 gigatonnes de CO2, soit l’équivalent des émissions annuelles de 570 millions de voitures. Ces pertes sont « une urgence climatique, une crise pour la biodiversité, une catastrophe humanitaire et des opportunités économiques perdues », a commenté Frances Seymour, du World Resources Institute qui pilote ce rapport.

(…) « Plus nous attendons pour stopper la déforestation, (…) plus nos puits de carbone naturels risquent de partir en fumée », a prévenu Frances Seymour.

L’agriculture et les incendies de forêts pointés du doigt…

Sans surprise, le moteur principal de cette destruction est toujours l’agriculture. Selon une étude publiée, lundi 29 mars 2021, dans la revue Nature Ecology & Evolution, l’appétit grandissant des pays riches pour divers produits agricoles comme le café ou le soja a accéléré le rythme de la déforestation sous les tropiques.

Notons cependant que les chercheurs pointent aussi cette année les vagues de chaleur et la sécheresse qui ont alimenté des incendies dévastateurs en Australie, en Sibérie et jusqu’aux confins de l’Amazonie

La partie de « plus mauvais augure » des données 2020 montre que les forêts ont elles-mêmes été victimes du changement climatique, a souligné Frances Seymour lors d’une conférence de presse. « Les zones humides brûlent (…). La nature nous murmurait depuis un moment que la menace arrivait. Désormais, elle crie », a-t-elle insisté.

Le pays le plus touché est le Brésil. Ce pays, qui abrite une grande partie de la forêt amazonienne tentaculaire, a vu la forêt la plus tropicale disparaître, en grande partie à cause des incendies de forêt et du défrichage des terres, dont une grande partie illégalement. La nation a perdu une bande de forêt ancienne en 2020 plus grande que l’État du Connecticut.

Le feu a également ravagé les zones humides du Pantanal, paradis de biodiversité entre le Brésil et la Bolivie, qui monte sur la troisième marche de ce classement 2020 de la déforestation tropicale (derrière la République démocratique du Congo).

Il faut arrêter la tendance…

Les résultats suggèrent que le monde se dirige précisément dans la mauvaise direction si l’objectif est de réduire rapidement les émissions mondiales de carbone et d’atténuer le changement climatique. Tous ces arbres abattus dans les forêts tropicales primaires ont contribué à l’équivalent de 2,6 milliards de tonnes d’émissions de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, estime Global Forest Watch.

Du point de vue de l’atmosphère, l’effacement des forêts a un impact climatique immédiat car le dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre, est libéré si le bois brûle ou se décompose. Mais la perte d’arbres a également des implications à plus long terme, car même si la végétation revient, elle peut ne pas absorber le carbone comme auparavant. Certains scientifiques craignent que le réchauffement climatique, par exemple, ne transforme certaines régions amazoniennes en savane , réduisant en permanence leur potentiel de stockage de carbone.

Notons enfin que Global Forest Watch (GFW) est une application Web open source pour surveiller les forêts mondiales en temps quasi réel. GFW est une initiative du World Resources Institute (WRI).

Léon Mukoko