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La biodiversité des sols joue un rôle direct et indirect dans la santé humaine, indique la FAO

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Le 5 décembre dernier, l’humanité a célébré la Journée mondiale des sols.  Pour l’année 2020, cette journée a été placée sous le thème “Maintenons les sols vivants, protégeons la biodiversité des sols”. Il s’agit de sensibiliser à l’importance de maintenir des écosystèmes sains, pour le bien-être humain, en relevant les défis croissants de la gestion des sols, en luttant contre la perte de biodiversité des sols. En définitive, il s’agira d’encourager les gouvernements, les organisations, les communautés et les individus du monde entier à s’engager à améliorer de manière proactive la santé des sols.

Dans son rapport intitulé “L’état actuel des connaissances sur la biodiversité des sols”, la FAO indique que la biodiversité des sols joue un rôle direct et indirect dans la santé humaine en participant à la régulation des maladies et à la production de denrées alimentaires. Plusieurs bactéries et champignons présents dans les sols sont utilisés depuis longtemps pour produire de la sauce soja, du fromage, du vin ainsi que d’autres boissons et aliments fermentés.

Les végétaux, unis par leurs racines à la diversité biologique qui se trouve dans le sol, produisent des substances chimiques telles que les antioxydants, qui les protègent contre les organismes nuisibles et d’autres facteurs de perturbation. Lorsque nous les consommons, ces antioxydants stimulent notre système immunitaire et favorisent la régulation des hormones. Les microorganismes du sol peuvent également avoir une action préventive sur les maladies inflammatoires chroniques, notamment les allergies, l’asthme, les maladies auto-immunes, les maladies inflammatoires de l’intestin et la dépression.

“Bon nombre des Objectifs de développement durable ne pourront pas être atteints sans la biodiversité des sols et sans une gestion durable de ces derniers”, a affirmé Maria Helena Semedo, Directrice générale adjointe de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

«Il nous faut donc des données sur la biodiversité des sols, au niveau national comme au niveau mondial, pour pouvoir concevoir des stratégies de gestion efficaces dans un domaine qui reste méconnu », a ajouté la patronne de la FAO.

Les sols renferment plus de 25% de la diversité biologique mondiale…

Les sols sont l’un des plus grands réservoirs de biodiversité de la planète puisqu’ils renferment plus de 25% de la diversité biologique mondiale. En outre, plus de 40% des organismes vivants des écosystèmes terrestres sont liés au sol au cours de leur cycle biologique. Le rapport de la FAO définit la biodiversité des sols comme les diverses formes de vie qui se trouvent dans les sols, des gènes et des espèces jusqu’aux communautés qu’ils constituent, et les complexes écologiques auxquels elles contribuent et auxquels elles appartiennent, qu’il s’agisse des micro-habitats ou des paysages.

La diversité biologique des sols englobe donc toutes sortes d’organismes – des organismes unicellulaires et microscopiques et des invertébrés tels que les nématodes, les vers de terre, les arthropodes et leurs stades larvaires, mais aussi des mammifères, des reptiles et des amphibiens qui passent une grande partie de leur vie dans le sol, ainsi que des algues et champignons très divers.

La biodiversité des sols menacée…

Compte tenu des services écosystémiques qu’elle fournit, la diversité biologique des sols revêt une importance capitale pour l’agriculture et la sécurité alimentaire.

Les microorganismes des sols, par exemple, transforment les composés organiques et inorganiques et libèrent des nutriments dont les plantes peuvent se nourrir. Ces processus de transformation jouent aussi un rôle fondamental dans la filtration, la dégradation et le blocage des contaminants dans l’eau et les sols. De plus, la diversité que renferment les sols contribuent à améliorer l’efficacité de la lutte et de l’action préventive contre les organismes nuisibles et les agents pathogènes, ou à leur élimination.

Pourtant, l’activité humaine, le changement climatique et les catastrophes naturelles peuvent constituer une menace pour cette biodiversité et le rôle majeur qu’elle joue dans la viabilité des systèmes agroalimentaires. Le recours excessif aux produits agrochimiques et leur mauvaise utilisation restent parmi les causes principales de l’appauvrissement de la biodiversité des sols, appauvrissement qui diminue sa capacité de contribuer à une agriculture durable et à la sécurité alimentaire. À cela s’ajoutent d’autres menaces, telles que la déforestation, l’urbanisation, l’intensification de l’agriculture, la réduction de la matière organique et du carbone du sol, la dégradation de la structure du sol, l’imperméabilisation, l’acidification des sols, la pollution, la salinisation, la sodisation, les feux de forêt, l’érosion et les glissements de terrain.

Les sols peuvent jouer un grand rôle dans l’atténuation du changement climatique…

Les solutions fondées sur la nature faisant intervenir les microorganismes du sol peuvent énormément contribuer à atténuer le changement climatique. Elles jouent un rôle clé dans le piégeage du carbone et la baisse des émissions de gaz à effet de serre. Une partie des émissions de dioxyde de carbone liées aux activités humaines peut être absorbée par les plantes et stockée dans les sols grâce à la décomposition microbienne, qui favorise la rétention du carbone dans le sol pendant de longues périodes.

Le rapport révèle que les activités agricoles sont la première source d’émissions de dioxyde de carbone et de protoxyde d’azote provenant du sol, qui sont le résultat d’un recours excessif aux engrais azotés ou d’une mauvaise utilisation de ceux-ci.

Notons que, depuis le début des années 1900, beaucoup de médicaments et de vaccins ont été fabriqués à partir d’organismes des sols, dont des antibiotiques bien connus, tels que la pénicilline, mais aussi la bléomycine, qui sert à traiter le cancer, et l’amphotéricine b, utilisée contre les infections fongiques. Face à la hausse des maladies causées par des microorganismes résistants, la diversité biologique des sols offre d’immenses possibilités pour ce qui est de la production de nouveaux médicaments efficaces.

Léon Mukoko