lun. Jan 17th, 2022

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Épidémie de fake news : le plus grand défi de la lutte contre la COVID-19 en RDC

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Il n’est pas du tout facile de faire la riposte à l’épidémie de Covid-19 en RDC. Depuis sa déclaration en RDC, le coronavirus fait l’objet d’un torrent de fausses informations ou d’informations déformées que même les médias ont le plus grand mal à rectifier. Chaque jour, le comité de la riposte est obligé de faire face à une autre épidémie bien plus redoutable : les fake news.

Par flots entiers, l’épidémie se répand par les réseaux sociaux et même certains médias en mal de sensationnel. La difficulté, en plus, c’est que les fake news font appel à l’émotion au détriment de la réflexion. Ce mal menace potentiellement tout le monde, et pas seulement les moins éduqués. Seule une vigilance de tous les instants permettra d’y faire face.

Et, les fake news, il y en a de tous les goûts et sur toutes les matières!

Il y a ceux qui prétendent avoir découvert un réseau de monnayage de cadavres pour augmenter le nombre des morts de Covid-19, Il y a ceux qui pensent avoir trouvé des remèdes miracle contre la maladie, il y a ceux qui essaient de convaincre les gens que la Covid-19 est la maladie des riches, il y a ceux qui sont toujours persuadés du grand complot des laboratoires pharmaceutiques ou encore ceux qui ne doutent pas que le Covid-19 est propagée par la 5G.

Ici, les spécialistes des Sciences de l’information et de la communication ne manquent pas de recettes.

La COVID-19 et l’« épidémie de fake news » sont les défis communs de la communauté, il faut savoir bien lire et bien réfléchir…

La meilleure protection reste le bon sens et l’esprit critique. Il faut se méfier des argumentaires simplistes et spectaculaires, qui prétendent révéler des scandales ou des complots. Beaucoup de fake news se repèrent grâce au vocabulaire employé (“Partagez en masse… Les médias n’en parlent pas… C’est un complot du gouvernement… Voici la vérité… Un ami bien placé m’a dit que…”).

Il convient de remonter au maximum à la source d’une information et de vérifier si cette source est fiable. Les moteurs de recherche permettent aujourd’hui de vérifier beaucoup de choses, à condition d’aller au bout de la vérification. Ce n’est parce qu’une information est largement partagée qu’elle est vraie. C’est même souvent le contraire.

Les fake news font appel à l’émotion au détriment de la réflexion. Ce mal menace potentiellement tout le monde, et pas seulement les moins éduqués. Seule une vigilance de tous les instants permet d’y faire face.

La COVID-19 et l’« épidémie de fake news » sont les défis communs de la communauté. Il faut que tout le monde y travaille pour renforcer la prévention et le contrôle, nous pouvons finir par remporter la victoire.

En premier lieu, il faut respecter pleinement l’autorité et le statut professionnel des structures chargées de la gestion de la riposte (Comité multisectoriel de la riposte, Ministère de la Santé, OMS…).  Il faut renforcer le partage de l’information épidémique, et donner les informations réelles sur l’épidémie et les mesures de prévention et de protection scientifiques à toute la population.

En second lieu, le gouvernement doit renforcer la gouvernance d’Internet et la gouvernance sociale et prendre les mesures juridiques pour lutter efficacement contre l’invention et la diffusion des rumeurs liées à la COVID-19. Il lui faut également garantir la transparence du travail de la prévention et du contrôle de l’épidémie, publier à temps, objectivement et scientifiquement, les informations importantes sur la situation épidémique, et faire connaître les mesures scientifiques et efficaces de la prévention et du contrôle de l’épidémie, pour permettre à la population d’avoir les connaissances correctes sur le nouveau coronavirus. Ce sont des solutions élémentaires à l’élimination de la panique psychologique et de l’« épidémie de fake news ».

En troisième lieu, à l’époque de la mondialisation économique et de l’informatisation sociale, tous les milieux doivent travailler ensemble et les opérateurs des réseaux sociaux et de la communication doivent assumer leurs responsabilités sociales, pour filtrer les fausses informations et les rumeurs malveillantes, en particulier, garder la plus grande vigilance face à la politisation et à la stigmatisation induites par des informations aux couleurs du racisme et du populisme, empêchant leur propagation sur les réseaux sociaux.  Comment ne pas tomber dans le piège ?

Pour éviter de tomber dans le piège de la désinformation, quelques règles simples peuvent vous aider :

1. Ne partagez un message que si vous avez vérifié l’information…

C’est probablement le point le plus important. Si vous avez un doute à propos d’un message, ne le partagez pas. Comme expliqué ci-dessus, la désinformation ne fonctionne que si les fausses informations sont partagées. En voulant sensibiliser ou avertir votre entourage, vous risquez de les mettre en danger. Avant toute chose, assurez-vous que l’information que vous transmettez est fiable. Ne partagez un contenu que si vous pensez qu’il est vérifié et utile.

2. Vérifiez si l’information est exacte…

Et pour vérifier les informations, plusieurs angles d’attaque sont possibles.

2.1 Tentez d’évaluer la qualité du message

Si un message est écrit avec un ton alarmiste et contient par exemple : “Attention”, “Ce que l’on vous cache”, “Alerte”… ces éléments doivent vous mettre en garde, effectivement. Faire peur est l’un des moteurs des créateurs de Fake News et doit vous mettre en alerte sur la suite du message. Les fautes d’orthographe repérées dans un texte qui se prétend officiel peuvent aussi être un indice de désinformation.

2.2 Vérifiez les sources

Qui est vraiment l’auteur du message ? La source citée est-elle la bonne ?

Pour tenter de se rendre légitimes, les fausses informations mettent en avant des sources prétendues : “Des médecins japonais”, “L’université de Stanford”, “Le département de santé canadien”.

Si le message est bien publié par l’une de ses “références” et est important, il doit alors probablement avoir été publié ailleurs sur le Web. Vous pouvez copier/coller le texte dans un traducteur automatique en ligne, comme Deepl. Une fois le texte traduit en anglais (si la source prétendue est anglophone), vous pouvez le coller dans un moteur de recherche comme Google.

Les résultats affichés devraient vous aider à voir si la source comme “l’université de Stanford”, par exemple a bien publié une étude indiquant que des auto-tests peuvent être réalisés. Dans ce cas, une recherche avec les mots-clés : “Stanford university covid-19 test breathing” renvoie vers un article dans lequel est épinglé ce Tweet de l’université américaine :

2.3 Cherchez à recouper l’information

L’information que je viens de lire a-t-elle été publiée par des sources crédibles ? C’est l’une des questions que vous devriez également vous poser. Si une information essentielle pour lutter contre le Covid-19 devait permettre de lutter efficacement contre la maladie, les organismes de santé seraient les premiers à vouloir répandre la nouvelle. Les médias seraient également particulièrement attentifs à livrer cette information essentielle et vérifiée à leurs publics.

Si vous ne trouvez l’information sur aucun média de qualité, il se peut qu’elle n’ait pas encore été confirmée ou qu’elle soit fausse. La vigilance s’impose.

2.4 Utilisez les ressources à votre disposition

Parfois, en introduisant simplement l’information aperçue sur les réseaux sociaux dans un moteur de recherche ou en posant une question, vous tomberez sur un article de Fact Checking sur la question. Des rédactions ont mis en place des équipes dont le métier est de vérifier les informations repérées sur le Web. Ce travail journalistique permet de démentir les rumeurs et de démonter les idées reçues qui circulent parfois largement.

Pour une information de qualité, il y a aussi bien évidemment les sources clés comme l’OMS, l’INRB, le Minstère de la Santé…  qui ont des canaux de communication dédiés à la crise du coronavirus. Le comité multisectoriel a toute une cellule de communication, l’OMS a même développé une série de questions-réponses reprenant les principales rumeurs qui circulent sur la toile.

Ensemble, dressons une grosse et épaisse barrière contre l’épidémie de fake news. Pour une vie plus saine : NO FAKE NEWS!!!

Léon Mukoko