lun. Août 3rd, 2020

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Environnement : le cercle vicieux de la climatisation, facteur aggravant du réchauffement climatique

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Pour lutter contre les pics de chaleur, on recours de plus en plus aux climatiseurs. Ceux-ci participent pourtant au changement climatique en raison de l’énergie consommée et des fuites de fluides frigorigènes, gaz au fort pouvoir réchauffant. Une étude scientifique parue dans la revue scientifique Nature Communications. alerte sur le cercle vicieux entre réchauffement climatique et augmentation de la demande énergétique.

La climatisation participe au réchauffement climatique. “Certaines actions destinées à s’adapter au changement climatique peuvent faire plus de mal que de bien, en particulier lorsqu’elles consomment de l’énergie (…). Le risque de canicule est un exemple typique : les climatisations peuvent déclencher une consommation d’énergie importante et aggraver le stress thermique extérieur”, expliquent plusieurs spécialistes dont la climatologue Valérie Masson-Delmotte dans une étude publiée dans Environmental Research Letters.

Avec le réchauffement, la climatisation de plus en plus essentielle… et néfaste

Selon l’Agence internationale de l’énergie et l’ONU, la demande de climatiseurs dans le monde devrait passer de 1,6 milliard en 2018 à 5,6 milliards en 2050. L’Agence a ainsi évalué qu’en ayant recours à des climatiseurs plus adaptés avec des systèmes réfrigérants moins énergivores, il serait possible d’éviter 460 milliards de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2060, soit environ huit ans d’émissions, sur la base des niveaux de 2018.

De plus, pour fonctionner, les climatiseurs utilisent des fluides frigorigènes, qui une fois dans l’atmosphère ont un fort pouvoir réchauffant. Or, alors que les installations sont conçues en circuit fermé, “des émissions de fluides frigorigènes peuvent avoir lieu”, note l’Agence de la Transition écologique (Ademe).

Des alternatives à la climatisation, “responsabilité des politiques”…

“Alors que les gouvernements déploient des plans de relance économique massifs pour faire face aux impacts économiques et sociaux de la crise de Covid-19, ils ont une occasion unique d’accélérer les progrès en matière de refroidissement efficace et respectueux du climat”, a déclaré le Dr Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE. “En améliorant l’efficacité du refroidissement, ils peuvent réduire le besoin de nouvelles centrales électriques, réduire les émissions et économiser de l’argent aux consommateurs. Ce nouveau rapport donne aux décideurs politiques des informations précieuses pour les aider à relever le défi mondial du refroidissement”, croit-il.

La seule mise en œuvre de l’amendement de Kigali au Protocole de Montréal, qui prévoit la réduction de la production et l’utilisation de gaz fluorés (HFC) permettrait d’éviter jusqu’à 0,4°C de réchauffement climatique d’ici 2100. Parmi les autres pistes suggérées par l’AIE, on trouve la mise en place d’un étiquetage d’efficacité énergétique sur les climatiseurs, l’application de normes minimales de performance énergétique, l’amélioration de la conception des bâtiments, les toits verts ou encore l’ombrage des arbres.

Pour les environnementalistes, la solution est pourtant sous nos yeux. Entre les nombreuses surfaces artificielles minérales, le manque de végétation, les matériaux de construction inadaptés, la présence insuffisante d’eau et la climatisation des bâtiments qui réchauffe l’air extérieur, les habitants des villes sont les plus exposés aux vagues de chaleur. Ainsi, “penser aux stratégies d’adaptation alternatives (zones vertes, ombrage, isolation) est essentiel”.

Et, à eco-vertes.info d’ajouter : “Il est de la responsabilité des politiques de soutenir et de diffuser ces alternatives”.