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Environnement : 25 sites rejoignent le Réseau mondial des réserves de biosphère de l’UNESCO

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Le Réseau mondial des réserves de biosphère compte désormais 714 réserves dans 129 pays de par le monde. A la suite d’une réunion qui s’est tenue (en ligne) les 27 et 28 octobre, le Conseil international de coordination du programme sur l’Homme et la biosphère (CIC-MAB) de l’UNESCO a ajouté 25 nouveaux sites repartis dans 18 pays.

Notons que chaque année de nouvelles réserves de biosphère sont désignées par l’organe directeur du programme l’Homme et la biosphère “MAB” (le Conseil international de coordination), composé de 34 États membres de l’UNESCO élus par roulement. Voici les sites désignés cette année :

Sites désignés cette année…

Andorre, Cabo Verde, les Comores, le Luxembourg et Trinité-et-Tobago ont rejoint le Réseau cette année à la suite de la désignation de leurs premiers sites. Les sites intégrés cette année sont :

1. Réserve de biosphère d’Ordino (Andorre)
Située sur l’axe central de l’est des Pyrénées, dans le nord d’Andorre, la très touristique réserve de biosphère d’Ordino couvre une superficie de 82,7 km². Ordino offre un refuge au grand tétra, emblématique des Pyrénées, au gypaète barbu et au lézard des Pyrénées, et constitue une zone critique pour les Lépidoptères (papillons).

2. Réserve de biosphère du Complexe W-Arly-Pendjari (WAP) (Bénin, Burkina-Faso, Niger)
A cheval sur les frontières de régions sahélienne, soudanaise et guinéenne, cette réserve de biosphère de 9 400 000 ha constitue une barrière contre l’avancée de la désertification venant du nord. Elle comprend des zones humides d’importance internationale reconnues par la Convention de Ramsar et offre un refuge à des espèces vulnérables et en danger telles que le guépard, l’éléphant, le lion, le léopard et le vautour.

3. Réserve de biosphère de la Basse Vallée de l’Ouémé (Bénin)
Située sur la côte atlantique sud-est du Bénin, la Basse Vallée de l’Ouémé est un point chaud naturel de la biodiversité équatoriale guinéenne à l’ouest et de la biodiversité équatoriale congolaise à l’est.

4. Réserve de biosphère de Fogo (Cabo Verde)
Plus jeune île du sud de l’archipel de Cabo Verde et la seule avec un volcan actif, la réserve de biosphère de Fogo culmine à une altitude de 2 829 mètres. Elle abrite diverses espèces indigènes, notamment des oiseaux et des reptiles, tels que Hemidactylus lopezjurado (gecko endémique rare), Chioninia vaillantii xanthotis (Mabuya de Vaillant) et des tortues marines (tortue verte et tortue olivâtre).

5. Réserve de biosphère de Maio (Cabo Verde)
Cette réserve de biosphère principalement marine abrite plusieurs espèces endémiques, notamment des tortues et des cétacés, ainsi que de nombreux poissons, oiseaux marins et reptiles marins.

6. Réserve de biosphère de Mohéli (Comores)

Réserve particulièrement bien préservée, la Convention de Ramsar considère ce site de Moheli comme une zone de conservation prioritaire. La réserve comprend une exceptionnelle biodiversité d’importance régionale et mondiale.

7. Réserve de biosphère de la chaîne de montagnes d’Asterousia (Grèce)

Situé dans le sud de la Crète, ce site est parsemé de riches vestiges archéologiques d’établissements humains épars dans les paysages de montagne caractérisés par des habitats naturels et semi-naturels, ainsi que des zones naturelles de grande valeur écologique qui abritent plus de 55% des espèces animales et végétales de l’île.

8. Réserve de biosphère de Panna (Inde)

Située dans le centre de l’Inde, dans l’État du Madhya Pradesh, Panna se caractérise par des forêts et une végétation de type marécageuse, riches en plantes médicinales rares et en produits forestiers autre que le bois d’œuvre, tels que cachou (kattha), gomme et résines. Aire d’habitat critique pour le tigre, le site abrite la réserve de tigres de Panna, ainsi que l’Ensemble monumental de Khajuraho.

9. Réserve de biosphère de Bunaken Tangkoko Minahasa (Indonésie)

La réserve de biosphère de Bunaken Tangkoko Minahasa, en Sulawesi du Nord, se trouve au cœur du Triangle du corail de la région indo-pacifique, en Indonésie. Le site couvre une superficie totale de 746 405,92 hectares d’habitats terrestres et marins et englobe une mosaïque de systèmes écologiques, dont une zone côtière comprenant des récifs coralliens et des herbiers marins, des mangroves et des forêts côtières, des îles et des écosystèmes terrestres. La réserve de biosphère compte plus de 130 espèces de mammifères, dont le tarsier de Dian.

10. Réserve de biosphère de Karimunjawa-Jepara-Muria (Indonésie)

La réserve de biosphère de Karimunjawa-Jepara-Muria se trouve dans le centre de Java, dans la région montagneuse qui entoure le Mont Muria. Le site joue un rôle crucial dans la préservation de la biodiversité de la région centrale de l’île de Java. Ses trois aires protégées englobent plus de 120 000 hectares, dont le parc national Karimunjawa, la forêt protégée du Mont Muria et la réserve naturelle du Mont Celering. La réserve comprend une grande diversité d’écosystèmes, notamment de petites îles, des écosystèmes marins et des forêts tropicales humides de plaine et de montagne.

11. Réserve de biosphère de Merapi Merbabu Menoreh (Indonésie)

Située dans la partie centrale de l’île de Java, dans la région indo-malaise, la réserve de biosphère s’étend sur 254 877 hectares. Elle englobe le parc national du Gunung Merapi, le parc national du Gunung Merbabu et la réserve faunique du Sermo, chaque site jouant un rôle crucial dans la protection de diverses espèces endémiques javanaises.

12. Réserve de biosphère d’Almaty (Kazakhstan)

La réserve de biosphère d’Almaty se trouve sur la ligne de partage des eaux de plusieurs bassins qui alimentent un certain nombre de lacs. Ses forêts d’arbres fruitiers sauvages, principalement des pommiers sauvages, abritent diverses espèces de faune, dont 177 espèces d’oiseaux et près de 1 000 espèces d’insectes. Plus d’un millier d’espèces de plantes sont protégées dans la réserve de biosphère où 2 300 espèces animales ont été recensées.

13. Réserve de biosphère de l’Altaï occidental (Kazakhstan)
Située dans la partie nord-est de la région orientale du Kazakhstan, à la frontière de la Fédération de Russie comprend les seules forêts de taïga noire du pays, ainsi que la taïga sibérienne et la taïga sombre. Des carcajous et des cerfs porte-musc vivent dans la réserve de biosphère, qui se trouve sur les routes migratoires saisonnières d’ongulés sauvages tels que l’élan, le cerf, le chevreuil et l’ours sauvage. La faune locale comprend plus de 160 espèces d’oiseaux, dont 129 nidifient dans la région (cigogne noire, aigle royal, faucon pèlerin, grue cendrée, hibou grand-duc).

14. Réserve de biosphère de Minett (Luxembourg)

Située dans le sud densément peuplé du Luxembourg, à la frontière avec la France, la réserve de biosphère de Minett est une ancienne région minière. La végétation a repris ses droits dans la plupart des terrils de la réserve de biosphère, créant une grande variété d’habitats naturels.

15. Réserve de biosphère de l’Atoll Addu (Maldives)

Addu, l’atoll le plus méridional des Maldives, se compose d’un total de 30 îles, dont 17 sont inhabitées. Il abrite l’un des écosystèmes de récifs coralliens les plus divers des Maldives, notamment des lagons, des passes récifales, des herbiers marins, des bancs de sable, des îles coralliennes, une végétation tropicale luxuriante, des mangroves, des zones humides, des lacs saumâtres appelés kilhis par les habitants, des terres agricoles et des zones résidentielles. Environ 14 352 ha de sa superficie totale de 17 174,40 ha sont des zones marines, qui abritent une remarquable biodiversité, notamment plus de 1 200 espèces de poissons. Le site offre un refuge à des espèces menacées au niveau international ainsi qu’un habitat important pour les oiseaux migrateurs.

16. Réserve de biosphère de Fuvahmulah (Maldives)

Grande île du sud des Maldives, la réserve de biosphère englobe l’ensemble de l’écosystème de l’atoll, y compris le plus divers des écosystèmes coralliens du pays avec des habitats sains et des formations coralliennes uniques sur les plages de sable. La surface de l’île a la forme d’un bol très peu profond formé de deux mangroves et zones humides (appelé kilhi par les habitants) à des points bas moyens, qui forment deux petits sous-bassins liés. Ces kilhis ont influencé le mode de vie des habitants de l’île, qui vivent principalement du tourisme, de la pêche artisanale et de l’agriculture de subsistance.

17. Réserve de biosphère de Toson-Khulstai (Mongolie)

Située dans le nord-est de la Mongolie, la réserve de biosphère de Toson-Khulstai fait partie de la plus grande prairie tempérée intacte sur terre. La réserve vise à protéger les écosystèmes des collines, terres ondulées et steppes sèches qui constituent l’habitat naturel de la gazelle de Mongolie et d’autres espèces de la faune sauvage, notamment la grue à col blanc, la buse de Chine, l’aigle des steppes et la marmotte de Sibérie.

18. Réserve de biosphère de Hadejia Nguru Bade (Nigéria)

Située dans la zone soudano-sahélienne du Nigéria, dans le bassin du lac Tchad, la réserve de biosphère englobe le premier site Ramsar du Nigéria, la zone humide de Bade Ngruru, ainsi que la réserve cynégétique de Baturiya, une ancienne forêt communautaire. La région est considérée d’importance internationale pour la conservation des oiseaux. La création de cette réserve de biosphère s’inscrit dans un effort régional d’actualisation et d’amélioration des connaissances sur les ressources naturelles du lac Tchad et de renforcement des capacités de gestion durable de ces ressources.

19. Réserve de biosphère d’Oban (Nigéria)

La réserve de biosphère d’Oban se trouve dans l’État de Cross River, dans l’angle sud-est du Nigéria. La réserve de biosphère de 557 682 ha englobe la Réserve forestière d’Oban, la Parc national de Cross River et le plateau d’Obudu. Elle abrite une portion significative de la forêt pluviale tropicale que l’on trouve encore au Nigéria, avec 1 568 espèces de plantes, dont plus de 80% sont endémiques. Elle joue un rôle crucial dans la protection de la mégafaune, notamment le gorille de Cross River, en danger critique d’extinction, le chimpanzé du Nigéria-Cameroun, l’éléphant de forêt et de nombreuses autres espèces rares et en danger.

20. Réserve de biosphère d’Okangwo (Nigéria)

Le site d’Okangwo occupe la partie nord du parc national de Cross River, à la lisière des hautes terres du Cameroun, entre les fleuves Cross et Sanga. Les espèces animales présentes dans la zone comprennent l’éléphant d’Afrique (Loxodonta Africana), le buffle d’Afrique (Syncerus caffer nanus), le potamochère roux (Potamochoerus porcus pictus) et le gorille de Cross River (Gorilla gorilla diehli), menacé de disparition. La forêt est une source de bois d’œuvre et d’autres produits forestiers comme le manguier de brousse (Irvingia wombolu), la canne de rotin (Calamus thwaitesii).

21. Réserve de biosphère Bosques de Neblina – Selva central (Pérou)

Situé dans le bassin de l’Amazone, Bosques de Neblina abrite des espèces de grande valeur bioécologique et affiche un degré élevé d’endémisme. Les espèces emblématiques comprennent notamment l’ours à lunettes (Tremarctos ornatus), espèce vulnérable, et le coq-de-roche péruvien (Rupicola peruvianus). La réserve naturelle de Pampa Hermosa, l’un des derniers endroits de la région où l’on trouve encore des forêts tropicales de montagne, et les bois de Pui Pui sont d’une importance capitale pour la protection des cours supérieurs des rivières, qui constituent une source d’eau douce sûre pour la population.

22. Réserve de biosphère de l’île de Porto Santo (Portugal)

Située dans l’archipel de Madère, la réserve de biosphère combine des zones terrestres et marines. Les zones terrestres abritent plus de 1 600 taxons, au niveau d’endémisme élevé, dont quinze types de plantes qui n’existent qu’à Porto Santo. Le site abrite plusieurs espèces de reptiles marins et de mammifères marins, notamment le phoque le plus rare du monde, le phoque moine de Méditerranée (Monachus monachus) et la tortue de mer caouanne (Caretta caretta). Sa biodiversité marine n’a toutefois pas encore été entièrement recensée.

23. Réserve de biosphère de la forêt de Kologrivsky (Fédération de Russie)

Le site de la forêt de Kologrivsky, dans la partie nord-est de la plaine russe, présente des paysages influencés par les activités humaines ainsi que des écosystèmes de taïga méridionale intacte, notamment des pinèdes, des pessières, des forêts d’arbres à petites feuilles, des marais, des prairies et des réservoirs d’eau. Plus d’un millier d’espèces de faune et de flore ont été recensées dans la réserve de biosphère, dont quatre espèces de flore et treize espèces de faune figurant sur la Liste rouge des espèces menacées de la Fédération de Russie. La liste comprend également des oiseaux qui nidifient dans la réserve, notamment le lagopède des saules (Lagopus lagopus rossicus), le balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus), le hibou grand-duc et la mésange azurée (Parus cyanus).

24. Réserve de biosphère du Paysage de Gishwati Mukura (Rwanda)

La réserve de biosphère du Paysage de Gishwati Mukura se trouve dans le rift albertin au Rwanda. Zone mondialement reconnue pour sa biodiversité, le site abrite diverses espèces endémiques et menacées, telles que le chimpanzé de l’Est et le singe doré.

25. Réserve de biosphère du Nord-Est de Tobago (Trinité-et-Tobago)

La réserve de biosphère du Nord-Est de Tobago présente un écosystème rare d’île caraïbe de la crête vers l’océan largement intact, qui comprend la réserve de forêt pluvial tropicale la plus ancienne au monde, la réserve forestière de Tobago Main Ridge, créée en 1776. Le site couvre 83 488 ha, dont une zone marine de 68 384 ha qui abrite des récifs coralliens et des mangroves. Au total, 1 774 espèces ont été recensées dans 19 types d’habitat, y compris des plantes et des animaux uniques et menacés au niveau mondial, parmi lesquels 83 espèces de la liste rouge de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN) et 41 espèces endémiques.

Le temps de la transformation est venu…

Les crises créent aussi des opportunités, la possibilité de changer la façon dont nous voyons nos relations avec la nature, entre nous et avec la Terre. Nous savons que le statu quo n’a pas d’avenir. Nous avons besoin d’une nouvelle normalité pour la biodiversité”, a déclaré Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO.

Les réserves de biosphère de l’UNESCO s’efforcent de réconcilier l’activité humaine avec la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité. Elles constituent des éléments centraux du travail de recherche et de sensibilisation de l’UNESCO visant à promouvoir des pratiques de développement durable innovantes. Il s’agit aussi de combattre la perte de la biodiversité en soutenant la compréhension, la valorisation et la sauvegarde de l’environnement de vie par les collectivités et les États membres. Initiative scientifique intergouvernementale créée par l’UNESCO en 1971, le programme l’Homme et la biosphère a été l’un des premiers à promouvoir l’idée de développement durable.

Léon Mukoko