dim. Sep 19th, 2021

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En l’espace de vingt ans, Kinshasa a détruit 70 % de son couvert végétal

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Alors que certaines capitales africaines, comme Rabat ou Ouagadougou, s’efforcent de devenir des villes vertes, multipliant les aménagements paysagers, Kinshasa rase ses espaces verts. Comment expliquer cette évolution à rebours?

Les défenseurs de l’environnement y perdent leur rhétorique ! A l’heure du réchauffement climatique où plusieurs initiatives dans le monde sont menées pour rendre les villes plus écologiques, la RDC tend à aller dans le sens contraire. Les espaces verts aménagés dans les grandes villes congolaises pour le bien être environnemental disparaissent les uns après les autres.  Ces couverts végétaux sont vendus ou cédés à des tierces pour la construction d’infrastructures commerciales. Les environnementalistes tirent la sonnette d’alarme.

À Kinshasa, le boulevard du 30-Juin, le boulevard Lumumba et l’avenue Pierre-Mulele (ex-avenue du 24-Novembre) et bien d’autres artères, autrefois bordées d’allées d’arbres qui formaient de magnifiques murs végétaux, ne sont plus que de longs couloirs de béton, et de dioxyde de carbone, en raison de l’intense trafic automobile. Tenez, la petite forêt d’eucalyptus dans la commune de Ndjili, qui avait notamment pour fonction de chasser les moustiques, a été coupée sans le moindre remord. Les espaces emblématiques comme “Zamba Météo”,  “Zamba Palais du peuple”, “Zamba Voka” ont connu le même sort, cédant la place à des infrastructures immobilières. Pourtant ces espaces verts permettaient l’absorption du CO2.

Plus grave, une bonne partie du site de la pépinière de La Gombe a été vendue. Dehors les cultures maraîchères. Sans autre forme de procès, celles-ci ont été remplacées par des immeubles. Il en est de même pour la très célèbre pépinière de Bandalungwa et de la ceinture verte de Brikin. Un peu partout, les espaces libres sont accaparés par les promoteurs immobiliers. Une véritable catastrophe. En l’espace de vingt ans, 70 % du couvert végétal a disparu à Kinshasa, qui comptait six aires protégées. Moustiques, CO2, chaleur, pluies violentes et irrégulières, érosion : les conséquences sont catastrophiques, préviennent les environnementalistes.

L’activité humaine, toujours elle…

Finalement, sur les 39 800 ha de forêts que comptait la métropole, il n’en resterait qu’une petite dizaine. “Avec l’augmentation rapide de la population urbaine, la pression sur les forêts s’accroît, entraînant des impacts négatifs économiques, sociaux et écologiques”, indique le  Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD).

Il faut noter aussi qu’en ville l’arbre est plus perçu comme un élément décoratif. L’arboculture n’est pas encore entré dans les mentalités. Voici pourquoi Il faut un vrai travail de fond de nature à inculquer la culture environnementale au sein de la population. Il faut que chacun (gouvernants comme gouvernés) y mette du sien.

Eco-vertes.info salue ici le travail de reboisement financé par l’Union Européenne et réalisé par la Fondation Hans Seidel au niveau du plateau de Batéké. Il en est de même pour le projet “Un million d’arbres” porté par le Chef de l’État.

Alors, pas une seule minute à perdre. Reboisons seulement, car le réchauffement de la planète n’attend pas. Rendez-vous à la COP-26…

Léon Mukoko