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Economie bleue : Kasi Fish Project implémente la pisciculture dans le secteur de Wombo

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La sécurité alimentaire (Objectif n°2 des ODD), la restauration des écosystèmes terrestres (Objectif n°15 des ODD), voilà des défis majeurs auxquels est confronté le secteur de Wombo, dans le territoire de Songololo, province du Kongo central. Jadis remarquable par son couvert forestier et ses nombreuses et luxuriantes zones humides, ce coin a perdu une bonne partie de son écosystème du fait de l’activité humaine, notamment le reboisement et le feu de brousse.

Notons que, grâce à quelques initiatives locales, cette partie de la province du Kongo central est en train de marquer des points en rapport avec les Objectifs du Développement Durable (ODD). A cet effet, notre rédaction y a découvert un vaste projet de pisciculture qui ne manque pas de faire parler de lui. De l’économie bleue en règle.

Tout a commencé en 2017 lorsque M. Pascal Mieluzeyi, ressortissant du terroir, a lancé le projet “Kasi Fish Project”, entreprise placée sous la supervision de l’Ingénieur Guylain MANITU, enseignant à l’Institut Supérieur de Développement Rural de Kasi (ISDR). Au départ, le projet démarrait avec moins d’un quart d’étang piscicole. Aujourd’hui, l’initiative a fait un bond considérable avec 1,40 hectares d’espace d’étangs piscicoles.

En ce moment, la production annuelle de Kasi Fish Project tourne autour de 3 tonnes de poissons. Les espèces phares sont le tilapia (Tilapia nilotica) et le siluriforme africain (Clarias gariepinus). Il y a également les espèces locales, comme le Clarias angolensis ( communément appelé Ntanta).

Avec le temps, le projet Kasi Fish entend augmenter la superficie de ses étangs de 1.5 à 5 hectares. Il s’agit d’introduire plus d’espèces prisées par les consommateurs telles que les Mungusu, Nzombo et N’tondia (anguilles). Il est également question d’installer un poulailler d’un capacité de 20.000 pondeuses et 10.000 poulets de chair, une canardière de près de 5000 sujets.

Il sera aussi question d’étendre la porcherie de 200 à 1000 sujets l’an, d’augmenter les superficies de 5 à 15 hectares de soja et maïs en vue de garantir la nutrition du bétail et de la volaille, d’installer un broyeur de 13 à 15 chevaux en vue de transformer les ingrédients alimentaires produits et les déchets (noix de palme) localement.

Il est à noter cependant que ce projet reste encore confronté à un certain nombre de contraintes d’ordre matériel, financier et humain. Il y a notamment le manque de matériel de creusage pour atteindre la profondeur appropriée pour la tilapiaculture. Il y a aussi l’état de délabrement de la route entre le lieu de production (Kasi) et les centres de consommation (Kimpese), le faible pouvoir d’achat de la population locale.

A tous ces défis, il faut ajouter la sous-qualification du personnel, le manque de financement pour l’acquisition des équipements et la transformation des ingrédients alimentaires. Les animateurs du projet auraient voulu aussi disposer d’un d’un incubateur pour assurer l’insémination artificielle, question de réaliser l’empoissonnement au-delà du site de production, c’est à dire les rivières et autres cours d’eau de la contrée.

Bon vent à ce projet qui, grâce aux étangs creusés, participe significativement à la restauration des zones humides dans ce terroir jadis luxuriant. A suivre…

Léon Mukoko