mar. Oct 20th, 2020

Eco-vertes.info

Site d'information et de communication sur l'environnement et le développement durable

Santé publique : la RDC devrait investir dans la recherche

2 min read

Mars 2020, la pandémie de Covid-19 causée par le SARS-coronavirus-2 (SARS-CoV2) débarque sur le territoire de la RDC. C’est la panique face aux lendemains incertains. Le pays se trouve encore en pleine riposte contre d’autres épidémies causées par des pathogènes tout aussi dangereux, notamment la deuxième épidémie d’Ebola, la plus meurtrière de l’histoire de cette maladie, la rougeole, ainsi que l’épidémie de choléra en cours.

Compte tenu de la fragilité du système de santé de la RDC, la Covid-19 est donc un lourd fardeau supplémentaire qui s’ajoute. Avant même que le pays n’ait un plan et une stratégie de réponse clairs, il compte déjà ses cas de contamination à deux chiffres tout en luttant pour rassurer sa population.

Néanmoins, le comité de la riposte, composée de professionnels hautement expérimentés, élabore un plan basé sur le suivi et le dépistage des cas suspects, l’isolement des cas confirmés et l’admission des cas graves dans les hôpitaux ou centres de traitement. Mais la mise en œuvre de ce plan est confrontée à plusieurs entraves, car devant faire face à une opinion publique manipulée à souhait à coups de fake news.

Il fallait compter cependant sur la pugnacité de l’équipe du Professeur Jean Jacques Muyembe qui, en dépit des entraves de tous ordres, a réussi à maitriser la machine. En dépit de l’insuffisance des infrastructures, la tendance a été renversée. Sur les 10.822 cas confirmés, 10 242 personnes  (94.6%) ont été tirées d’affaire et  le taux de mortalité a été maintenu à 2.5%.

Il n’est pas inutile de relever que la RDC a joué un rôle clé dans les études qui ont conduit à la découverte et au développement récents de traitements et de vaccins contre le virus Ebola. Cette contribution majeure a été le résultat des efforts de certains scientifiques congolais qui luttent pour faire la différence. Cela a été du reste relevé par l’OMS.

Ces acquis devraient aider à mettre sur pieds une véritable politique et des programmes de recherche et d’innovation permettant de proposer des solutions à effet durable en réponse à d’autres défis sanitaires. Le pays devrait donc créer une institution (ou agence) chargée de collecter et de gérer des fonds pour soutenir la recherche biomédicale et sanitaire. Une de ses tâches importantes serait également de normaliser les priorités de recherche en santé du pays selon un plan préalablement établi et fondé sur des évidences scientifiques.

En attendant, chapeau bas à tous les chercheurs congolais. A suivre…

Léon Mukoko