mer. Nov 25th, 2020

Eco-vertes.info

Site d'information et de communication sur l'environnement et le développement durable

Climat : Si les océans et les forêts sont souvent comparés aux “poumons” de la planète, les zones humides en sont les “reins”

5 min read

Si les océans et les forêts sont souvent comparés aux « poumons » de la planète, les zones humides en sont les «reins». Elles jouent un rôle essentiel dans l’approvisionnement en eau de nos sociétés en participant activement à l’épuration de la ressource en eau. Une zone humide fonctionne comme un filtre naturel qui reçoit les matières minérales et organiques produites sur le bassin versant, les emmagasine, les transforme et les restitue progressivement à l’environnement. Les zones humides jouent donc un rôle extrêmement efficace pour améliorer la qualité des eaux.

En 2021, la Convention de Ramsar sur les zones humides fête ses 50 ans. Signée par 18 pays, le 2 février 1971, en Iran, elle a depuis été ratifiée par de nombreux pays. Ce sont désormais 171 pays qui se sont engagés à préserver les zones humides en inscrivant plus de 2400 zones humides d’importance internationale sur la liste des sites Ramsar, une surface cumulée plus grande que le Mexique.

Par ailleurs, les zones humides ont leur journée mondiale. Elle a lieu le 2 février, jour de l’anniversaire de la signature de la « Convention de Ramsar » sur les zones humides. Le secrétariat de la Convention de Ramsar a choisi pour l’édition 2021 de la Journée mondiale des zones humides (JMZH), le thème « Zones humides et eau» qui vise à mettre en évidence l’importance des zones humides pour assurer à l’humanité un accès à l’eau en quantité et en qualité suffisante pour assurer son bien-être et celui de la planète.

Le thème de la JMZH 2021 s’inscrit dans la Décennie d’action pour l’eau proclamée par les Nations unies en 2018 afin d’atteindre le 6e Objectif de développement durable: Garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau.

Cet anniversaire est l’occasion de rappeler que plus que jamais les zones humides sont importantes pour:

  • garantir un accès à de l’eau en quantité et qualité suffisante
  • préserver la biodiversité qui est au plus mal : 40 % des espèces dépendent des zones humides
  • s’adapter et lutter contre le changement climatique : les tourbières et les herbiers marins stockent bien plus de carbone que les forêts
  • atténuer les effets des inondations, submersions et sécheresses
  • nourrir le monde : en moyenne chaque humain mange 19 kg de poisson par an et 3 milliards d’humain ont une alimentation basée sur le riz
  • offrir un cadre de vie agréable : les zones humides offre des espaces de relaxation et de fraicheur, notamment en ville.

Sans eau pas de zones humides, sans zones humides pas d’eau…

L’eau est une des composantes essentielles des êtres vivants, autant que des écosystèmes et des sociétés humaines. Les zones humides, comme leur nom l’indique, sont gorgées d’eau, temporairement ou en permanence. Ainsi, les étangs, lagunes, marais salants, mares, marais, ruisseaux, tourbières, vallées alluviales et autres prairies inondables jouent un rôle de premier plan dans le cycle de l’eau. Ils stockent l’eau en période d’inondation et la restituent en période de sécheresse.

Les zones humides fournissent de l’eau douce pour les usages domestiques, l’irrigation et l’industrie. Selon les études, chaque année, 3900 km3 d’eau sont prélevés des rivières et des aquifères pour l’agriculture (70%), l’industrie (19%) et l’approvisionnement local (11%).

Il faut dire que toutes les zones humides, de la plus ordinaire à la plus remarquable, jouent un rôle dans le cycle de l’eau mais pas toutes de la même façon, ni aux mêmes endroits.  Les tourbières et les petites zones humides en tête de bassin versant vont avoir un rôle d’éponge là où les prairies humides et les forêts alluviales vont avoir un rôle d’amortisseurs de crues; les roselières un rôle de filtre et les lagunes, les mangroves et les marais littoraux, un rôle de bouclier contre la submersion marine.

Les zones humides sont un rouage vital du cycle de l’eau…

La préservation et la utilisation durable des zones humides sont de véritables “solutions fondées sur la Nature” et doivent être une priorité pour garantir le maintien des services rendus par ces dernières à la société. C’est d’autant plus important que leur protection est 5 fois moins couteuse que la compensation après leur destruction des services gratuits perdus.

Les zones humides sont de véritables éponges qui absorbent l’eau lorsqu’elle est abondante (lors des crues)  et peuvent la restituer quand elle devient rare, participant ainsi à l’alimentation en eau pour la consommation humaine et aux besoins des activités agricoles et industrielles en rechargeant les nappes phréatiques et les cours d’eau. Ce fonctionnement d’«éponge» retarde l’apparition des sécheresses et participe également à la réduction des inondations. Certaines zones humides peuvent ainsi stocker jusqu’à 15.000 m3 d’eau par hectare.

Les scènes de dévastation par les crues que nous vivons ou voyons régulièrement dans les médias, nous rappellent que nous avons besoin des zones humides pour lutter contre les inondations et les submersions.

Les zones humides réduisent les effets et l’ampleur des crues en agissant de deux manières:

  • elles diminuent le débit de l’eau et étalent le débit maximal dans le temps en permettant à l’eau de déborder dans des zones sans risque autour des cours d’eau;
  • elles diminuent la vitesse d’écoulement des eaux et dissipent l’énergie hydraulique des cours d’eau grâce à leur végétation et leurs sédiments.

Sur le littoral, la végétation de zones humides comme les vasières, les mangroves ou les marais salants atténue les effets des vagues et du vent et limite l’érosion du trait de côte. Dans les régions tropicales, 1 km d’épaisseur de mangrove diminue la hauteur des vagues de 75 % et peut réduire la hauteur des raz-de-marée de 5 à 50 cm.

Comme on a pu le remarquer, les zones humides sont d’une importance vitale. Prenons-en soin. A suivre…

Léon Mukoko