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Changement climatique : le Royaume-Uni arrête de soutenir financièrement des projets d’énergies fossiles à l’étranger

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Le Royaume-Uni, pays hôte de la COP26, a rappelé qu’il allait baisser ses émissions de CO2 d’au moins 68 % d’ici 2030 et arrêter “dès que possible” de soutenir financièrement des projets d’énergies fossiles à l’étranger. C’est l’une des retombées du Sommet pour l’ambition climatique qui a eu lieu le samedi 12 décembre dernier, à l’occasion des cinq ans de l’Accord de Paris.

Entre autre annonces, la Chine a promis un pic des émissions autour de 2030. “D’ici 2030, nous allons réduire notre intensité carbone (émissions de CO2 rapportées au PIB, ndr) de plus de 65 %, augmenter la part des énergies non fossiles à 25 % de la consommation d’énergie primaire contre 15,3 % fins de 2019, augmenter le stock forestier de 6 milliards de mètres cubes et porter la capacité totale installée d’énergie renouvelable à plus de 1 200 GW, par rapport à 2005. La Terre est notre seule maison commune. Travaillons ensemble pour progresser régulièrement dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris et lancer un nouveau voyage pour l’action climatique mondiale“, a déclaré Xi Jinping dans un message vidéo enregistré.

Parmi les annonces les plus ambitieuses, mais pas forcément nouvelles, venant des pays développés, la Finlande confirme viser la neutralité carbone dès 2035, 2040 pour l’Autriche et 2045 pour la Suède. Le Danemark s’engage à réduire ses émissions de 70 % d’ici 2030. L’Union européenne a pu annoncer son objectif de réduction des émissions de -55 % d’ici 2030, adopté la veille du Sommet.

Le Canada a complété son engagement de neutralité carbone en 2050 d’un nouvel objectif à 2030. Le pays souhaite réduire ses émissions de 32 à 40 % par rapport à 2010 contre 30 % prévus initialement. Il mise pour cela sur un prix carbone renforcé, passant de 20 à 50 dollars par tonne de dioxyde de carbone d’ici 2022 pour atteindre 170 dollars en 2030.

Etat d’urgence climatique…

En avons-nous assez fait pour contenir la hausse des températures à 1,5 °C ? La réponse est non, ces annonces ne suffisent pas“, a tranché en conclusion Alok Sharma, le président de la COP26. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, appelle “les responsables du monde à déclarer l’état d’urgence climatique dans leur pays jusqu’à ce que la neutralité carbone soit atteinte”. Il insiste sur le fait que les engagements pris jusqu’alors n’ont pas été tenus.

Les Etats-Unis étaient représentés par deux gouverneurs (Michigan et Massachussets), engagés eux aussi dans la neutralité carbone d’ici 2050. Et Joe Biden, le nouveau président élu, a confirmé dans un communiqué que les Etats-Unis rejoindraient l’Accord de Paris dès “le premier jour de sa présidence”. “Welcome back! Welcome home à nos amis américains !”, a lancé Emmanuel Macron.

Dans un discours sans nouvelle annonce, le chef de l’Etat français a précisé qu’un tiers de la capitalisation du Fonds vert (6 milliards d‘euros) sera désormais consacré à l’adaptation. En amont du sommet, lors d’une réunion rassemblant les coalitions du One Planet Summit, il a déclaré que l’ensemble du CAC 40 appliquerait à partir de 2021 les recommandations de la TCFD (Task Force on Climate-related Financial Disclosures) dans leur reporting financier.

“Alors que le Royaume-Uni et la Chine ont pu apporter de nouveaux gages pour le climat, le Président Emmanuel Macron n’a pas saisi cette occasion pour expliquer comment il comptait traduire le nouvel objectif européen d’au moins 55% 2030 en France…”, regrette Véronique Andrieux, directrice générale du WWF France. Parmi les plus gros émetteurs de CO2, le Japon, l’Inde et la Corée du Sud ont repoussé à plus tard la prise de nouveaux objectifs. Le Brésil, l’Australie et la Russie n’ont pas été invités à s’exprimer.

Léon Mukoko