lun. Août 3rd, 2020

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Changement climatique/Sibérie : Record de chaleur avec un pic à 38°C au-delà du cercle polaire

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Le Service Copernicus pour le changement climatique (C3S) rapporte que les températures moyennes du mois de juin au niveau planétaire ont été comparables au record mondial de juin 2019, le mois de juin le plus chaud jamais enregistré, avec 0,53°C de plus que la moyenne 1981-2010.

Déjà l’hiver 2019-2020 a été particulièrement chaud en Sibérie : « Cet hiver a été le plus chaud de Sibérie depuis le début des enregistrements il y a 130 ans. Les températures moyennes étaient jusqu’à 6 ° C supérieures aux normales saisonnières. » a précisé Marina Makarova, météorologue en chef du service météorologique russe de Rosgidromet. Et cette anomalie chaude a perduré pendant le printemps.

Au final, en juin 2019, “la température moyenne sur l’ensemble des terres de la Sibérie arctique était supérieure de plus de 5 degrés à la normale, et supérieure de plus d’un degré à celles de 2018 et 2019, qui étaient jusqu’alors les deux mois de juin les plus chauds.” rapporte Copernicus.

Comment s’expliquent ces températures anormalement chaudes en Arctique ?

Outre le réchauffement climatique, “un facteur qui a contribué à la fois aux températures douces de l’hiver et du printemps en Sibérie occidentale, ainsi qu’aux températures élevées de l’été en Sibérie arctique, a été une configuration des vents à grande échelle à la fois différente et relativement persistante. Les données du C3S indiquent en outre que la couverture neigeuse et l’humidité du sol de surface ont atteint les niveaux les plus bas jamais enregistrés pour le mois de juin sur l’Arctique sibérien en juin 2020. Ce sont également des facteurs qui ont probablement joué un rôle dans les températures exceptionnellement élevées atteintes dans la région.” avance Copernicus.

La Sibérie s’embrase…

Conséquence immédiate : plusieurs dizaines de feux de végétation se sont déclarés dans la région. Le Service pour la surveillance atmosphérique de Copernicus (CAMS) a constaté que les incendies en juin 2020 avaient dépassé le record d’activité des feux observé en juin 2019.

Mark Parrington, Directeur scientifique du CAMS et expert en feux de forêt à l’ECMWF, explique : « Des températures plus élevées et des conditions de surface plus sèches offrent des conditions idéales pour que ces feux brûlent et persistent aussi longtemps sur une surface aussi grande. Nous avons observé des schémas très similaires dans l’activité des feux et des anomalies d’humidité du sol dans toute la région dans le cadre de nos activités de surveillance des incendies au cours des dernières années ».

Autre conséquence à court terme : de telles températures vont inévitablement accélérer la fonte du pergélisol, ce qui va entraîner une hausse des émissions de gaz à effet de serre et donc accentuer le réchauffement climatique, c’est ce qu’on appelle une boucle de rétroaction positive.

Chaque année, la hausse des températures est de plus en plus perceptible et alarmante alors que le mois de mai 2020 a été le mois le plus chaud jamais enregistré depuis 1880 avec une anomalie de +1,02°C à l’échelle planétaire (par rapport à 1951-1980), selon la NASA.