mer. Nov 25th, 2020

Eco-vertes.info

Site d'information et de communication sur l'environnement et le développement durable

Changement climatique : avec la fonte totale de la calotte glaciaire du Groenland, le niveau des mers risque de s’élever de 7 mètres partout dans le monde

3 min read

Près de 40 ans de données satellitaires du Groenland montrent que les glaciers de l’île ont déjà tellement diminué que même si le réchauffement climatique devait s’arrêter aujourd’hui, la calotte glaciaire continuerait de fondre.

La calotte glaciaire du Groenland, pourtant âgée de plus de 30 millions d’années, ne résistera pas au réchauffement climatique induit par nos activités polluantes. Le point de basculement a déjà été dépassé : le volume de neige qui s’accumule chaque année pour reconstituer le glacier est inférieur au volume de fonte de la calotte, explique Michalea King, chercheur au Byrd Polar and Climate Research Center de l’Université d’État de l’Ohio (Etats-Unis).*

“Nous avons examiné les observations de télédétection pour étudier comment la décharge et l’accumulation de glace ont varié et ce que nous avons constaté, c’est que la glace qui se déverse dans l’océan dépasse de loin la neige qui s’accumule à la surface de la calotte glaciaire. »”, indique Michalea King,

Pour arriver à cette conclusion inquiétante, les scientifiques ont analysé les données satellitaires mensuelles de plus de 230 grands glaciers du Groenland qui se déversent dans l’océan. Leurs observations montrent quelle quantité de glace se transforme en icebergs ou fond directement. Ils indiquent également la quantité de neige qui tombe chaque année – le moyen pour la calotte glaciaire de se reconstituer.

Tout s’est emballé au début des années 2000…

Tout s’est emballé au début des années 2000 : la perte de glace a atteint puis dépassé les 500 gigatonnes par an tandis que les chutes de neige sont restées stables à 450 Gt. Ainsi, la calotte glaciaire du Groenland perd 50 Gt de glace par an.

Cela signifie maintenant que même si nous arrivions à stopper le changement climatique dans son élan, le bilan resterait négatif et la calotte glaciaire continuerait à rétrécir pendant un certain temps. « La retraite des glaciers a plongé la dynamique de toute la calotte glaciaire dans un état constant de perte », déclare Ian Howat, professeur de sciences de la terre et universitaire distingué à l’Ohio State.

Michalea King précise que les grands glaciers du Groenland ont reculé, en moyenne, d’environ 3 kilomètres depuis 1985, ce qui est “beaucoup“, a-t-elle déclaré. En outre, de nombreux glaciers ont suffisamment rétréci pour se retrouver dans des eaux plus profondes, ce qui signifie que plus de glace est en contact avec l’eau. L’eau chaude de l’océan fait fondre la glace des glaciers et empêche également les glaciers de revenir à leurs positions antérieures.

La fonte du Groenland est une catastrophe…

Une étude de l’Université de Lincoln (Etats-Unis) publiée fin juillet 2020 montre que les côtes du Groenland ont vu leur température augmenter de 4,4 °C en hiver et 1,7 °C en été entre 1991 et 2019. Or, chaque degré supplémentaire pendant l’été correspond correspond à une perte d’environ 116 milliards de tonnes de glace chaque année.

En extrapolant à 2100, la fonte de la calotte glaciaire du Groenland devrait augmenter de 10 à 12,5 cm le niveau moyen des océans dans le monde. Cela semble “gérable” mais c’est considérable pour les littoraux. Cette nouvelle confirme que nous ne pourrons plus inverser, à court et moyen terme, le processus d’augmentation du niveau de la mer.

C’est un défi colossal pour les littoraux de notre planète car la calotte glaciaire du Groenland est le premier contributeur à l’élévation du niveau des océans qui concernera pas moins de 300 millions de personnes d’ici 2050. La fonte totale de la calotte glaciaire du Groenland conduirait le niveau des mers à s’élever en moyenne de 7 mètres partout dans le monde. De plus, la couche de glace du Groenland contient environ 10 % de l’eau douce du monde. Cette quantité supplémentaire d’eau douce qui se mêlerait à l’eau de mer (salée) pourrait jouer sur tout le climat de l’Europe.

Vivement la COP26…

Léon Mukoko