mer. Nov 25th, 2020

Eco-vertes.info

Site d'information et de communication sur l'environnement et le développement durable

C’est officiel, demain les Etats-Unis sortent l’accord de Paris sur le climat

3 min read

C’est officiel, dès ce mercredi 04 novembre 2020, les États-Unis quitteront l’Accord de Paris, conformément à la décision prise en 2017 par Donald Trump, l’actuel locataire de la Maison Blanche. En effet, à l’heure où le monde entier attendra de connaître le nom du nouveau Président des États-Unis, le pays sortira officiellement de l’Accord de Paris, quel que soit le résultat de l’élection.

Il s’agit là de l’aboutissement de la procédure lancée en juin 2017 par Donald Trump. Ce dernier a ensuite dû attendre le 4 novembre 2019, trois ans après l’entrée en vigueur du texte, pour notifier son retrait à la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC). Et attendre encore un an pour que la décision devienne officielle. Ce qui nous amène au 4 novembre 2020, au lendemain des élections présidentielles. Véritable malice du calendrier.

Il y a deux cas… 

La question est désormais de savoir si cette sortie de l’Accord de Paris sera de courte ou de longue durée. Il y a donc deux cas. Si c’est Joe Biden qui l’emporte, alors les États-Unis pourront revenir dans les négociations climatiques. Le candidat démocrate l’a affirmé à maintes reprises : sa première initiative à l’échelle internationale consistera à renouer avec l’Accord de Paris sur le climat. Cela serait effectif 30 jours après la notification de cette réintégration par le nouveau Président auprès de la CCNUCC. Donc au plus tôt le 20 février 2021.

Joe Biden a également promis de réunir sous cent jours, les dirigeants des nations les plus polluantes pour un sommet sur le climat où il entend convaincre ces pays de revoir à la hausse leurs engagements pour le climat. Il a lui-même adopté un programme climat ambitieux, avec en clé de voûte 100 % d’énergie propre et la neutralité carbone d’ici 2050. Il a aussi promis d’annuler les décisions de Donald Trump qui avait révoqué ou assoupli toute une série de normes environnementales.

Si Donald Trump est réélu, alors le pays sera officiellement exclu des négociations internationales et des processus de décision visant l’Accord de Paris, mettant alors en péril les chances de maintenir le réchauffement climatique sous la barre des 2°C. L’accord est toutefois assez flexible pour permettre une certaine participation des États-Unis, notamment par le biais de l’American’s Pledge on Climate, un groupe de villes, d’États, d’universités et d’entreprises engagés.

Aucun pays n’a suivi l’exemple de Washington (heureusement)…

Qui plus est, malgré les craintes suscitées par le retrait américain en 2017, aucun pays n’a suivi l’exemple de Washington, même si certains comme la Russie, l’Arabie saoudite, l’Australie ou encore le Brésil en ont profité pour ralentir l’action climatique. Un nouveau leadership, porté par la Chine et l’Union européenne, a pris le relais. Bruxelles a adopté un ambitieux Green deal tandis que Pékin vient de s’engager à atteindre la neutralité carbone en 2060. Le Japon et la Corée du Sud ont aussi récemment annoncé la neutralité carbone pour 2050, relançant la dynamique à la veille des cinq ans de l’adoption de l’Accord de Paris.

À ce jour, seuls huit pays n’ont pas ratifié l’Accord de Paris, parmi lesquels la Turquie, l’Iran, l’Iraq, l’Angola ou encore le Yémen. Par ailleurs, les États qui ont ratifié le texte, sont appelés à relever l’ambition de leur contribution volontaire nationale (NDC) et à publier une stratégie de long terme d’ici la fin de l’année. 35 pays se sont pour l’heure engagés. Les annonces les plus ambitieuses seront présentées le 12 décembre prochain à l’occasion d’un sommet virtuel organisé par les Nations unies.

En attendant, le retour ou non des Etats-Unis dans l’accord de Paris est entièrement entre les mains des électeurs. Wait and see…

Léon Mukoko