dim. Jan 24th, 2021

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RDC/Biodiversité : l’inquiétante dégradation des zones humides

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Les zones humides sont indispensables pour les avantages infinis qu’elles procurent à l’humanité, de l’apport d’eau douce à l’alimentation et aux matériaux de construction en passant par la biodiversité, la maîtrise des crues, la recharge des nappes souterraines et l’atténuation des changements climatiques.

Ces zones comprennent les lacs et rivières, les aquifères souterrains, les marécages et marais, les prairies humides, les tourbières, les oasis, les estuaires, les deltas, les mangroves, les récifs coralliens, les bassins de pisciculture, les rizières, les réservoirs et les marais.

Seulement, dans plusieurs parties, les zones humides subissent un déclin continu tant dans leur superficie que dans leur qualité. Par conséquent, les services écosystémiques qu’elles apportent aux populations sont compromis.

Déjà au niveau de la ville de Kinshasa, des pans entiers de zones réputées marécageuses sont envahis systématiquement par les habitations. De Kingabwa à Lutendele, en passant par les célèbres pépinières de Bandalungwa et Brikin, rien n’échappe à l’invasion des chasseurs de lopins de terre.

Dans la province voisine du Kongo central, c’est le même spectacle désolant. L’état de ces sites, à mi-chemin entre terre et eau, s’est fortement dégradé. Les belles vallées de Mbanza Ngungu, riches en produits exotiques, ont été transformés en quartiers résidentiels du reste mal lotis. La même tendance se poursuit dans d’autres coins abandonnés à la merci de l’activité humaine.

Alors que près d’un tiers des espèces végétales remarquables et menacées vit dans les milieux humides et qu’environ la moitié des espèces d’oiseaux en dépendent, les efforts à faire restent immenses.

Les activités humaines pointées du doigt…

Face à cette dégradation effrénée de l’environnement, les activités humaines sont les premières pointées du doigt. Le tourisme, les cultures et l’élevage, le prélèvement d’eau ou l’urbanisation «jouent un rôle déterminant dans l’altération» des sites, observent les environnementalistes.

Les milieux d’eaux douces sont les plus affectés par les pressions humaines. L’arrêt d’un pâturage, l’entretien inadapté, l’assèchement ou encore le drainage excessif en seraient la cause première. Pour les milieux salés, une fertilisation et un usage en produits phytosanitaires «excessifs» comptent parmi les principaux dangers « qui semblent accentuer leur dégradation ».

Nécessité d’une action urgente…

Pour sauvegarder ces milieux fragiles, il faut passer par «une prise de conscience collective des enjeux et des menaces». Dans son dernier discours sur l’état de la nation, le Président de la République s’est attardé sur la question de la protection de l’environnement, annonçant au passage la création d’une agence en charge de cette question vitale. La restauration des zones humides devrait ainsi être planifiée et occuper une place particulière dans la stratégie des aires protégées.

Les zones humides couvrent un petit pourcentage de la surface de la terre, mais elles sont des systèmes essentiels – Elles sont les artères et les veines du paysage. Elles sont riches en nature et indispensable à la vie humaine. Elles agissent comme des sources d’eau et purificateurs. Les zones humides protègent nos côtes. Elles sont les plus grands stocks de carbone naturels de la planète. Elles sont essentielles à l’agriculture et à la pêche. Un monde sans zones humides est un monde sans eau. Alors, agissons avant qu’il ne soit trop tard. A suivre…

Léon Mukoko