lun. Oct 18th, 2021

Eco-vertes.info

Site d'information et de communication sur l'environnement et le développement durable

Écosystème : Voici pourquoi les Mangroves méritent d’être protégées

3 min read

A l’occasion de la journée internationale des Mangroves qui aura lieu ce dimanche 26 juillet, la Rédaction de eco-vertes.info consacre une tribune à cette merveille environnementale et touristique. La mangrove est l’écosystème qui absorbe le plus de CO2 de tous les écosystèmes au monde. Plus que la forêt tropicale. Elle est cependant très menacée par l’activité humaine.

La mangrove constitue un écosystème singulier, qui par sa position à l’interface terre océan, a suscité très tôt une attraction particulière. Diverses définitions lui ont été attribuées suivant les domaines scientifiques de recherche. On retiendra que le terme mangrove se rapporte un ensemble d’arbres, d’arbustes et d’herbiers à caractère halophile se développant dans la zone de balancement des marées en région tropicale et subtropicale et présentant une zonation de la végétation.

La mangrove a un rôle essentiel, aussi bien physique qu’écologique, dans la conservation des littoraux tropicaux. On peut retenir notamment que :

  • La mangrove possède une valeur refuge significative et abrite une grande biodiversité animale. Certains poissons viennent s’y reproduire, d’autres y assurent leur croissance. Du fait de sa forte productivité, la mangrove est à la base du cycle des nutrients en milieu côtier, et les eaux littorales bordant les mangroves sont généralement riches en crevettes et poissons. Elle sert de protection aux juvéniles avant leur migration dans les eaux côtières.
  • Les feuilles des arbres des mangroves absorbent le carbone et le rejettent dans l’eau au moment de leur dégradation. Sans mangrove, le taux de CO2 dans l’air serait plus important.
  • La mangrove est l’écosystème qui absorbe le plus de CO2 de tous les écosystèmes au monde. Plus que la forêt tropicale.
  • La mangrove stabilise le trait des côtes, et sert de barrière contre l’érosion due à la houle, en diminuant l’énergie des vagues et en modifiant les hydrocirculations. L’enchevêtrement des racines et des troncs forme une barrière naturelle qui limite l’impact des intempéries (Ras de marées, tsunamis, ouragans…) marines sur les villes.
  • Malgré son inhospitalité et son insalubrité, la mangrove fournit les besoins élémentaires et maintient les cultures traditionnelles pour des millions de personnes. Elle est utile comme réserve de nourriture (chasse et pèche y sont pratiquées).
  • Certaines plantes peuvent être à la base de substances médicinales et le bois des palétuviers est utilisé comme bois de chauffage ou bois d’œuvre, notamment pour la construction de bateaux.

La mangrove, un écosystème en danger…

Malheureusement, la mangrove se situe parmi les écosystèmes les plus menacés du fait de la croissance de population en zone côtière et de sa surexploitation. La déforestation et le “traitement” des rejets anthropiques sont les principales menaces.

En effet, les besoins en bois pour l’énergie, la conversion de terrain pour l’élevage, la production de riz ou de sel ainsi que l’aquaculture commerciale ont causé à la mangrove de graves préjudices. La déforestation menace la survie des espèces qui vivent dans ces zones et contribue à l’érosion des littoraux et à leur salinisation.

L’activité humaine a contribué à la diminution de leur surface durant les dernières décennies, entraînant une dégradation écologique importante. On considère que 50 % de la destruction des mangroves résultant de l’activité anthropique dans les années récentes est dû à la déforestation pour établir des bassins à crevette.
Il existe actuellement de nombreux programmes de conservation des mangroves, dont un programme UNESCO, pour promouvoir la création de réserve naturelle et créer des activités touristiques qui permettraient aux populations locales de retirer un certain bénéfice en préservant la mangrove.

Pour bien marquer la journée mondiale de la mangrove 2020, le comité français de l’UICN, le Conservatoire du littoral et l’Initiative française pour les récifs coralliens (Ifrecor), publient une cartographie des mangroves.

Léon Mukoko